Il y a des conversations que l’on reporte indéfiniment. Pas parce qu’elles sont dangereuses, mais parce qu’on ne sait pas vraiment comment les commencer. Parler de sextoys à son partenaire fait souvent partie de ces sujets qu’on tourne et retourne dans sa tête sans jamais franchir le pas, par peur d’être mal compris, de froisser, ou tout simplement de ne pas trouver les bons mots.
Pourtant, aborder le plaisir intime en couple n’est pas si différent d’autres conversations qui demandent un peu de courage et de finesse. On sait revendiquer ses goûts en matière de style, défendre le choix d’un parfum, expliquer pourquoi on tient à sa routine de soin. On sait aussi, quand c’est nécessaire, dire ce qu’on n’aime plus ou ce qu’on aimerait changer. Le désir fonctionne de la même façon : il évolue, il se précise, et parfois il a besoin de mots pour exister vraiment à deux.
Pourquoi le sujet des sextoys reste encore tabou ?
Parler de plaisir sexuel reste délicat pour beaucoup d’hommes, même ceux qui assument sans sourciller leur barbe de viking, leur routine de soins ou leurs parfums pointus. Dès qu’on sort du cadre “classique” pour évoquer sextoys, fantasmes ou pratiques un peu plus intenses, les malaises apparaissent. On craint de passer pour “trop” ou “pas assez”, d’être jugé, ou de donner l’impression que l’autre ne nous suffit plus.

Ce tabou est renforcé par une vision très caricaturale du sextoy, souvent associé à des scénarios extrêmes ou à une sexualité “hors norme”. En réalité, l’univers du plaisir intime s’est largement diversifié. Il ressemble davantage à un rayon de parfums bien pensé qu’à un magasin glauque : il y a des produits discrets, sophistiqués, orientés couple, et des expériences plus audacieuses pour ceux qui aiment pousser plus loin.
Parler de plaisir, c’est un peu comme discuter de style ou de grooming. On ne le fait pas pour critiquer ce qui existe déjà, mais pour ajuster, affiner, explorer des choses qui correspondent mieux à ce qu’on est aujourd’hui.
Préparer le terrain avant d’ouvrir la discussion
On ne balance pas “Au fait, tu veux qu’on achète un sextoy ?” au milieu d’un repas de famille ou en zappant entre deux pubs. Comme pour une grosse décision (changer de coupe de cheveux radicalement, laisser pousser une barbe complète, se lancer dans un nouveau parfum signature), le contexte compte.
L’idéal est un moment où vous êtes déjà détendus, sans pression de temps. Un dimanche matin au lit, une soirée cocooning, un retour de week-end en amoureux. Choisissez un climat où la complicité est déjà là. Certains couples aiment aussi s’appuyer sur un contenu neutre, comme un article, une vidéo ou un test de produit pour lancer la conversation. Par exemple, évoquer une plateforme spécialisée comme Hismith peut servir de point de départ neutre pour parler de ce qui vous intrigue ou vous attire.
Vous pouvez amorcer doucement, avec des phrases qui restent ouvertes : “Je me disais qu’on pourrait peut-être pimenter un peu nos moments à deux, tu en penses quoi ?” ou “J’ai lu un article sur les sextoys de couple, ça m’a intrigué… tu en as déjà imaginé un dans notre intimité ?”. Le but est d’inviter l’autre à parler, pas de lui imposer un projet ficelé.
Les bonnes façons de formuler ses envies
Un des pièges classiques, c’est de présenter le sextoy comme une “réparation” de ce qui ne va pas. C’est là que les susceptibilités s’enflamment. La clef consiste à rester sur l’idée d’exploration commune et d’amélioration du plaisir de chacun, sans hiérarchie ni comparaison.
Parler en “je” plutôt qu’en “tu”
Dire “J’aimerais tester de nouvelles sensations” est très différent de “Tu ne me satisfais plus comme avant”. L’une ouvre la porte à la curiosité, l’autre ferme le dialogue. Même nuance entre “Je trouve ça excitant d’imaginer qu’on joue avec un accessoire” et “Tu devrais utiliser ça pour que ce soit mieux”. Garder le “je” permet d’assumer son désir sans attaquer l’autre.
Insister sur la dimension de jeu
Quand on parle de sextoys, pensez “playground” plus que “diagnostic médical”. Il s’agit d’ajouter des variations, comme on change de style de coiffure ou de parfum en fonction de son humeur. On peut par exemple dire “J’ai envie qu’on s’amuse ensemble, qu’on teste des choses qui nous feraient rire, nous exciter, sans se prendre trop au sérieux”. Cette approche ludique dédramatise le sujet, surtout pour un premier essai.
Ne pas occulter ses propres peurs
Si le sujet vous met un peu mal à l’aise, le reconnaître peut paradoxalement détendre l’atmosphère. “Je t’en parle, mais je t’avoue que ça me fait un peu bizarre d’aborder ça, c’est nouveau pour moi” montre que vous vous impliquez émotionnellement. Cela incite souvent l’autre à être plus doux, plus à l’écoute et moins dans le jugement.
Choisir des sextoys qui respectent le rythme du couple
Une fois la discussion engagée, vient souvent la question : “On commence par quoi ?”. Le marché est vaste, et on peut vite se retrouver perdu. L’idée n’est pas de collectionner mais de sélectionner quelques outils qui répondent à des envies claires : intensifier les préliminaires, découvrir de nouvelles zones de plaisir, jouer sur la domination/soumission, approfondir la stimulation de l’un ou l’autre partenaire.
Des accessoires soft pour un premier pas

Pour un couple peu habitué à cet univers, mieux vaut débuter par des objets peu intimidants : anneaux, stimulateurs discrets, accessoires pour le massage ou pour le jeu sensoriel (plumes, bandeaux, menottes confort). Ce type de choix permet de se familiariser avec l’idée d’accessoiriser la sexualité, sans forcément introduire tout de suite un dispositif imposant ou high-tech comme une sex machine. On ajuste ensuite en fonction des retours de chacun.
Respecter les limites, même temporaires
Si votre partenaire manifeste un blocage net sur un type d’accessoire, inutile d’insister. Les limites ne sont pas gravées dans le marbre, elles évoluent avec la confiance, les expériences positives et la possibilité de dire non sans se sentir jugé. Le plus important est que chacun sache qu’il peut mettre un stop clair à tout moment, et que ce stop sera respecté sans chantage émotionnel.
Se renseigner sur la qualité et la sécurité
Comme pour un rasoir ou un produit de soin qu’on applique sur le visage, on ne met pas n’importe quoi en contact avec son corps. Matériaux sûrs pour le corps, facilité de nettoyage, mode d’emploi clair, éventuels besoins en lubrifiant adapté : ces critères jouent autant sur la sécurité que sur le plaisir. Prendre ce temps de sélection sérieuse montre aussi à votre partenaire que le sujet est traité avec respect et maturité.
Entretenir le dialogue après les premières expériences
Le premier test ne doit pas être vécu comme un examen avec note à la fin, mais comme un essai. Comme lorsqu’on change de coupe de cheveux ou qu’on adopte une nouvelle routine de soin, le rendu se peaufine. Ce qui compte, c’est de garder le canal de communication ouvert.
Débriefer sans pression ni jugement
Après vos premiers essais, prenez un moment pour échanger. Pas forcément immédiatement après, mais un peu plus tard, quand l’émotion est retombée. Posez des questions simples : “Qu’est-ce que tu as aimé ? Qu’est-ce qui t’a gêné ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire autrement la prochaine fois ?”. Évitez le bilan définitif du type “C’était nul” ou “Ça ne sert à rien”, qui bloque toute évolution possible.
Accepter que les envies puissent diverger
Il est possible que l’un se passionne davantage que l’autre pour certains accessoires ou certains scénarios. Plutôt que de le vivre comme un problème, voyez cela comme une cartographie de vos plaisirs. Certains plaisirs resteront peut-être plus solitaires, d’autres parfaitement partageables. Ce n’est pas très différent du fait que l’un adore les soins du visage complexes quand l’autre se contente d’un nettoyant minimaliste.
Faire de la curiosité un état d’esprit
Un couple qui traverse le temps sans trop s’éroder a souvent un point commun : une curiosité entretenue. Curiosité pour le corps de l’autre, pour les façons de se plaire, pour les outils qui peuvent soutenir cette aventure. Les sextoys ne sont qu’un des éléments de cette exploration. L’essentiel reste ce fil de confiance qui permet de dire “J’ai envie d’essayer ça avec toi” tout autant que “Je préfère qu’on n’aille pas dans cette direction”. Quand ce fil demeure solide, la discussion sur le plaisir cesse peu à peu d’être un tabou et devient un terrain de jeu partagé.
